«S’il [Dieu] frappait maintenant tout péché d’un châtiment manifeste, rien ne serait réservé, selon nous, au dernier jugement; et d’autre part, si tout péché échappait aujourd’hui aux poursuites éclatantes de la justice divine, on ne croirait point à la Providence. Il en est de même des faveurs temporelles. Si Dieu, par une libéralité visible, ne les accordait quelquefois à la prière, nous dirions que cela n’est pas à sa diposition; s’il les accordait toujours, nous croirions qu’il ne le faut servir que pour être ainsi récompensés, et un tel culte ne serait point une école de piété, mais d’avarice et d’intérêt. […] Ainsi le même creuset éprouve, purifie, fond dans l’amour les âmes vertueuses; condamne, ruine, anéantit les impies; ainsi, dans une même affliction les méchants se répandent en imprécations et en blasphèmes; les bons en prières et en bénédictions. Tant importe, non ce que l’on souffre, mais de quel cœur on souffre!»
Augustin, La Cité de Dieu 1.8










