Pour une foi réfléchie

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Envoyer Imprimer

«Ce que nous adorons, c’est un Dieu unique, qui, par sa parole qui a commandé, par sa raison qui a disposé, par sa vertu qui a pu tout, a tiré du néant tout cet édifice gigantesque avec tout l’appareil des éléments, des corps, des esprits, pour servir d’ornement à sa majesté: c’est aussi pourquoi les Grecs ont appliqué au monde le nom de kosmos (ornement).

»Dieu est invisible, bien qu’on le voie; il est impalpable, bien que sa faveur nous le rende présent; incompréhensible, bien que les facultés humaines le conçoivent: c’est ce qui prouve son existence et sa grandeur. Les autres choses qu’on peut voir, palper, comprendre, sont moindres que les yeux qui les voient, que les mains qui les touchent, que les sens qui les découvrent; mais ce qui est infini n’est parfaitement connu que de soi-même.

»Ce qui fait comprendre Dieu, c’est précisément l’impossibilité de le comprendre. Ainsi l’immensité de sa grandeur le dévoile et le cache tout à la fois aux hommes. Et c’est le crime principal de ceux qui ne veulent pas connaître celui qu’ils ne sauraient ignorer.»

Tertullien, Apologétique 17.1-3