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Parlons du mal: paroles de théologiens
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«S’il [Dieu] frappait maintenant tout péché d’un châtiment manifeste, rien ne serait réservé, selon nous, au dernier jugement; et d’autre part, si tout péché échappait aujourd’hui aux poursuites éclatantes de la justice divine, on ne croirait point à la Providence. Il en est de même des faveurs temporelles. Si Dieu, par une libéralité visible, ne les accordait quelquefois à la prière, nous dirions que cela n’est pas à sa diposition; s’il les accordait toujours, nous croirions qu’il ne le faut servir que pour être ainsi récompensés, et un tel culte ne serait point une école de piété, mais d’avarice et d’intérêt. […] Ainsi le même creuset éprouve, purifie, fond dans l’amour les âmes vertueuses; condamne, ruine, anéantit les impies; ainsi, dans une même affliction les méchants se répandent en imprécations et en blasphèmes; les bons en prières et en bénédictions. Tant importe, non ce que l’on souffre, mais de quel cœur on souffre!»

Augustin, La Cité de Dieu 1.8

 
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«La vraie lumière qui éclaire tout homme venant au monde éclaire aussi tout ange pur afin qu’il soit lumière, non en lui-même, mais en Dieu dont il ne saurait se détourner sans devenir impur, à l’exemple de ces esprits déréglés qui, retranchés de la participation de l’éternelle lumière, cessent d’être lumière dans le Seigneur pour devenir ténèbres en eux-mêmes; le mal, en effet, n’est point une substance: c’est la privation du bien qui s’appelle mal.»

Augustin, La Cité de Dieu 11.9

 
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«Comme Dieu est le créateur souverainement bon des natures bonnes, il est l’ordonnateur souverainement juste des volontés mauvaises; leur malice fait un mauvais usage de la bonté de la nature, et il en fait un bon de la malice des volontés. Il a donc voulu que le diable, bon au sortir des mains de Dieu, et devenu mauvais par sa volonté propre, relégué aux régions inférieures, serve de jouet aux anges; c’est-à-dire que les tentations qu’il sème sous les pas des saints tournent à leur avantage. Or, en le créant, Dieu n’ignorait pas sa malice future, et prévoyait tout le bien que lui-même saurait tirer de ce désordre. C’est pourquoi le psalmiste dit: ‘Ce dragon que tu as créé pour servir de jouet.’ (Psaume 103.26) Evidemment, quand sa bonté le créait bon, il avisait déjà, dans sa prescience, quel usage il ferait de l’être déchu.»

Augustin, La Cité de Dieu 11.17

 
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«Sans le péché, le monde ne serait orné et rempli que de natures bonnes; et cependant, malgré le péché, tout n’est pas envahi par le péché, car le plus grand nombre des esprits célestes est demeuré dans l’ordre de sa nature. Et la volonté mauvaise, pour s’être affranchie de cet ordre, n’a pas su néanmoins se soustraire aux lois de la justice de Dieu qui ordonne tout au sien. L’univers, avec les pécheurs, est comme un tableau avec ses ombres; une perspective convenable en développe les beautés, quoiqu’il n’y ait que laideur dans les teintes ténébreuses, considérées en elles-mêmes.»

Augustin, La Cité de Dieu 11.23

 
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«Les ennemis de Dieu, dont parle l’Ecriture, s’élèvent contre lui par leurs vices, et non par nature: incapables de lui nuire, ils n’ont que la puissance de se nuire à eux-mêmes. Ce qui les rend ennemis, c’est la volonté de résister et non le pouvoir de nuire. Car Dieu est immuable et absolument incorruptible. Or le vice qui fait leur résistance contre Dieu n’est pas un mal pour Dieu, mais pour eux-mêmes. Et ce n’est un mal qu’en tant qu’il corrompt en eux le bien de la nature. C’est, en effet, le vice et non la nature qui est contraire à Dieu. Car le mal est contraire au bien. Qui pourrait nier que Dieu soit le souverain bien?»

Augustin, La Cité de Dieu 12.3

 
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«Que l’on ne cherche donc pas la cause efficiente de la mauvaise volonté: cette cause n’est pas efficiente, mais déficiente; elle n’est pas effectivement, mais défectivement. Car déchoir de ce qui est souverainement à ce qui a moins d’être, c’est commencer d’avoir une volonté mauvaise.»

Augustin, La Cité de Dieu 12.7

 
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«Il n’y a pas de déchéance vers le mal, vers une nature mauvaise; le mal est dans la déchéance, quand on délaisse, contre l’ordre même des natures, l’être souverain pour l’être inférieur.»

Augustin, La Cité de Dieu 12.8

 
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«La bonne volonté est l’œuvre de Dieu; car l’homme l’a reçue avec la vie. Et la première mauvaise volonté, celle qui, dans l’homme, a précédé toutes les mauvaises œuvres, est moins une œuvre qu’un éloignement des œuvres de Dieu pour celles de l’homme. Or ces œuvres sont mauvaises en tant qu’elles n’ont pas Dieu pour fin, mais la volonté propre.»

Augustin, La Cité de Dieu 14.11

 
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«On n’en viendrait jamais à l’acte mauvais, si la mauvaise volonté ne prenait les devants. Or quel a pu être le commencement de la mauvaise volonté, si ce n’est l’orgueil?»

Augustin, La Cité de Dieu 14.13

 
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«L’homme est donc abandonné à lui-même pour avoir abandonné Dieu par complaisance en lui-même; et cette obéissance qu’il refuse à Dieu, il se la refuse à lui-même. Et de là toute l’évidence de sa misère; car il ne vit pas comme il veut.»

Augustin, La Cité de Dieu 14.24

 
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«Qui donc oserait croire ou dire qu’il n’a pas été au pouvoir de Dieu de prévenir la chute de l’ange et l’homme? Mais il a préféré ne rien soustraire à leur liberté afin de montrer tout ce que peut leur superbe pour le mal, et sa grâce pour le bien.»

Augustin, La Cité de Dieu 14.27

 
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«Il juge qu’il convient mieux à sa puissance et à sa bonté de tirer même le bien du mal que de ne pas permettre au mal d’exister.»

Augustin, La Cité de Dieu 22.1

 
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«Il est vrai, beaucoup d’actes commis par les méchants arrivent contre la volonté de Dieu; mais telle est la grandeur de sa sagesse et de sa puissance que c’est aux fins qu’il a dans sa prescience déterminées justes et bonnes, que tendent ces actes mêmes qui semblent contraires à sa volonté. Ainsi, quand on dit de Dieu qu’il change de volonté, qu’il entre en fureur, par exemple, contre ceux qu’il regardait avec complaisance, ce sont les hommes qui changent et non Dieu, et ce n’est que par leur souffrance qu’ils le trouvent changé.»

Augustin, La Cité de Dieu 22.2

 
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«Sachons-le bien, quelle que soit la vigueur de notre résistance contre le vice, quels que soient sur lui nos progrès et nos conquêtes, tant que nous sommes en ce corps, jamais l’occasion ne nous manque de dire à notre Dieu: ‘Remets-nous nos dettes.’»

Augustin, La Cité de Dieu 22.23

 
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«Comprendre le mal serait comprendre que le mal n’est pas mauvais.»

Henri Blocher, Le mal et la croix, Sator, 1990, p. 149