Pour une foi réfléchie

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

La «seconde expérience»

Envoyer Imprimer

La «seconde expérience»

Au 17e siècle, dans le puritanisme, on valorise une seconde étape subséquente à la conversion: celle de l’assurance du salut. Mais c’est surtout au début du 18e siècle, avec John Wesley (1703-1791), que cette division de l’expérience chrétienne est systématisée. Professeur à Oxford et prêtre anglican, Wesley réagit contre le rationalisme et le formalisme de son Eglise et prône un retour à une expérience directe et sensible de l’Esprit.

Ayant lu des livres d’édification catholiques qui parlent de plusieurs étapes dans la vie chrétienne, il fait de même, dans un contexte protestant. Il y aurait, selon lui, une première expérience de l’Esprit à la conversion: celle de la justification et de la sanctification partielle. Il y aurait une seconde expérience plus tard: elle consisterait à recevoir le don divin de la sanctification totale ou la perfection chrétienne.

Aux Etats-Unis, au début du 19e siècle, différents «mouvements de sainteté» voient le jour. Ils insistent sur l’idée que l’expérience de conversion doit être suivie d’une expérience de sainteté. Parfois, cette seconde expérience est appelée «baptême du Saint-Esprit» ou «baptême spirituel». A la fin du 19e siècle, on utilise de plus en plus l’expression «baptême du Saint-Esprit», non plus pour désigner l’expérience de sainteté, mais pour désigner un don de puissance en vue du service. On assiste aussi à un intérêt croissant pour les dons spirituels.

C’est dans ce climat qu’en 1900 s’ouvre l’école de Béthel, à Topeka au Kansas, sous la direction de Charles Parham. Elle compte 9 étudiants, probablement issus des mouvements de sainteté. Ils étudient le livre des Actes et sont frappés du décalage entre la joie, la puissance de l’Eglise dans le livre des Actes et l’état de l’Eglise de leur époque. Ils sont préoccupés surtout par la question des dons spirituels et du baptême dans l’Esprit. Parham organise une veillée de prière et une étudiante du nom d’Agnès Ozman, après avoir demandé l’imposition des mains pour recevoir le don du Saint-Esprit, fait une expérience intérieure intense et se met à parler en une langue inconnue. L’expérience s’étend, les jours suivants, aux autres membres du groupe. C’est de là que se développe le mouvement «pentecôtiste» qui connaîtra un très grand succès, notamment à partir de l’oeuvre du pasteur noir William Seymour.